Sortir du Colonialisme et Rares Talents
Présentent
« WARM UP ANTICOLONIAL »
HILAIRE PENDA - TONY ALLEN
FATOUMATA DIAWARA - SO KALMERY
Conférence de presse de la Semaine Anticoloniale
Lundi 14 février 2011 à 10h30
La Bellevilloise, 21 rue Boyer 75020 Paris
Lorsqu’on entend ce slogan, pour peu qu’on ait l’œil aiguisé dans ce monde de médiatisation ciblée, distraite, de désinformation et de secrets de polichinelle,
on se dit waouh !
Il se passe quelque chose dans cette douce France. Une semaine d’actions collectives, où tous les progressistes, les empêcheurs de tourner en câble, de dormir
dans le ronron de notre conscience, les curieux-positifs, vont débattre des sujets qu’on nous cache - au nom du secret d’Etat, nous plonger dans des actualités dont nous sommes peu fiers, au
nom des mêmes principes que nous défendons ici, mais qui sont bafoués là-bas (nos ex-colonies et les territoires outre-mer).
Les lois récentes sur le bilan positif de la colonisation, les débats consternants et poussiéreux sur l’identité nationale, sont des dispositifs fumeux pour
nous diviser. Les réseaux françafriques - de triste mémoire, gangrènent nos relations avec cette Afrique qu’on aimerait voir debout, pour retrouver la voie du développement et de la paix,
depuis tant d’années de dépendance !
En vérité, la semaine anticoloniale s’annonce comme une bouffée d’air frais en ce début d’année, à commencer par l’inauguration du 18 février à la coupole du
colonel Fabien, le salon anticolonial des 19 et 20 février à la bellevilloise, le Warm Up anticolonial du 25 février à Aubervilliers, la manifestation anticoloniale place de la République du 26
février et la clôture du 27 février marquée par la projection du film Hors la loi, pour ne citer que ceux-là.
A l’initiative de l’association Rares Talents, la semaine anticoloniale de cette année est marquée par un Warm Up exceptionnel. Notamment, par la présence de
grands musiciens d’Afrique, tels que Tony Allen, le maître du rythme afrobeat. So Kalmery, l’ambassadeur du brakka, une musique qui relie danse à l’esprit. Fatoumata Diawara, l’étoile montante
de la musique malienne, et Hilaire Penda, le bassiste camerounais au groove renversant.
Quoi de plus légitime que d’avoir le concours de ces panafricains !
Tony Allen est le grand maître du tambour Afrobeat.
L’afrobeat est une musique de résistance qui se nourrit des violences urbaines, des effets de l’injustice. C’est une musique qui
refuse le dictat de la communauté internationale, et encore moins la politique des gouvernements corrompus en place en Afrique. Son rythme fantastique est un manifeste pour l’identité et la
liberté en Afrique. La musique de Tony Allen porte ces germes et s’ouvre radicalement vers la modernité, comme un besoin impératif de partager ses valeurs universelles.
So Kalmery est le représentant du brakka.
Cette philosophie qui allie danse et quête identitaire, cette musique inclassable qui chante les valeurs de l’humanité, gorgée de racines africaines, de blues, de folk et de soul.
Fatoumata Diawara, c’est la princesse Soninké aux talents multiples qui fascine autant dans le cinéma que dans la musique. Mais, c’est sur la scène que sa musique engagée, inspirée du
wassoulou, teintée de folk et de soul, donne tout son éclat.
Hilaire Penda, c’est le géant bassiste camerounais, à la reconnaissance que l’on sait.
Bootsy Collins, bassiste de James Brown, John McLaughlin, John Scofield, Angélique Kidjo et Rokia Traoré, l’ont déjà sollicité. Tant son style personnel,
groovissime, mêle les rythmes africains, le jazz-rock, et le funk.
Le plateau du « Warm Up
Anticolonial »
1 – HILAIRE PENDA
En 2008, Hilaire Penda fonde l’association Des Rares Talents, dans le cadre de laquelle il initie les Warm Up Show, une forme originale de spectacles qui réunit sur scène artistes
confirmés et jeunes talents, pour transmettre, perpétuer et réinventer en les métissant les
traditions musicales. Ces Warm Up marquent une sorte d’union où des musiciens d’origine variées s’écoutent et se rencontrent en créant des
fusions parfois improbables entre blues, jazz, afrobeat, rock, reggae, hip hop et de multiples musiques traditionnelles (brakka, aciko, ekan, musiques mandingues….)
Hilaire Penda est le chef d’orchestre de ce dialogue : « Je me situe comme un passeur pour relier les artistes… », « Tout ce qui vit
autour des rythmes que nous faisons fusionner, ce sont ces femmes et ces hommes qui nourrissent la musique et se nourrissent d’elles, ces artistes aux talents rares qui cherchent leurs racines,
en dehors des murs qui les entourent ».
A l’occasion de la semaine anticoloniale, l’association Des Rares Talents, a concocté un spectacle aux couleurs panafricaines, teinté d’héritages revisités, du
brakka congolais de So Calméry aux chants wassoulou d’Afrique de l’Ouest. Du jazz et blues de Fatoumata Diawara à l’Afrobeat itinérant du nigérian Tony Allen, le Warm Up anticolonial mettra en
scène de façon inédite des musiciens qui partagent tous cette vocation d’un universel puisé au cœur de leurs racines. Des artistes dont chaque note
témoigne d’une radicalité et d’un engagement profond pour le continent dont ils sont issus. Le Warm Up anticolonial traversera ce continent de part
en part pour faire sonner l’indépendance des musiques africaines au diapason de celle de l’Afrique.
Refusant de stigmatiser et de cantonner la musique « indigène » au rayon « musiques du
monde », les artistes de ce Warm Up anticolonial jouent un rôle important dans la musique
contemporaine africaine. Ils contribuent par leurs talents débridés à faire émerger comme un témoignage vivant les histoires singulières des différentes régions d’Afrique, là où l’émancipation
se joue et se danse tous les jours.
Plus d’infos : www.myspace.com/pendahilaire
2 – TONY ALLEN
Tony Allen est né en 1940 à Lagos (Nigeria).
Batteur - auteur-compositeur, Tony Allen a été l'un des pionniers de l'Afrobeat avec son maître et ami Fela Anikulapo-Kuti. A destination de celui qui était son batteur et
son directeur artistique de 1968 à 1979, le roi Fela aurait d’ailleurs déclaré : "sans Tony Allen, il n'y aurait pas d'Afrobeat". Et ce n’est
pas tout, celui que l’on appelle parfois le sorcier du beat, ou encore The Teacher, serait également décrit par Brian Eno comme "le plus grand batteur qui ait jamais vécu".
Vers le milieu des années 60, ceux qui deviendront bientôt le groupe mythique Fela & The Africa 70’s effectuent une tournée aux États-Unis. Le pays
est bouleversé par le mouvement de revendications des afro-américains, Martin Luther King, Malcom X, les Black Panthers... C’est dans ce contexte que Fela Kuti, Tony Allen et les jeunes
musiciens nigérians de Africa 70’s font leur apprentissage politique. Cette prise de conscience politique et la découverte, outre-atlantique, des rythmes syncopés du Funk fera naître un des
courants fondamentaux de la musique africaine du XXe siècle : l'Afrobeat.
Une musique moderne et internationale, aux grooves irrésistibles et aux textes engagés. Un mélange unique entre rythmes traditionnels et puissance électrique
dont le creuset est le Nigeria.
Si Tony Allen a participé de la naissance de l’Afrobeat, il en est aujourd’hui un des acteurs les plus modernes. C’est la raison pour laquelle, le sorcier se
retrouve sur le label Comet Record, fondé par deux jeunes français proches de l'electro. Grâce à la modernité et aux métissages de ses rythmes on
verra très rapidement à ses côtés des musiciens aussi différents que Docteur L, les frères Belmondo ou Ali Boulo Santo.
En 2005, il revient aux sources avec un album très roots "Lagos no shaking" enregistré sur place au Nigéria pour le label
Honest John records. Cette maison de disque qui vient alors d'être créée par un fou de musique africaine, par ailleurs célèbre musicien de pop anglaise : Damon Albarn, leader de Blur et de Gorillaz. En 2006, Damon Albarn forme le groupe The Good, the Bad
and the Queen, qui comprend Damon Albarn, Tony Allen, Simon Tong ainsi que Paul Simonon, ancien bassiste des Clash.
En 2009, Tony Allen poursuit ses enregistrements électro-acoustiques vers un
Afrobeat toujours plus moderne, notamment avec Jimi Tenor sur l'album Inspiration Information, vol. 4. Mais toujours aussi éclectique et
prolifique, celui qui a créé le Black Beat décide de sortir un nouvel album de compositions originales intitulé Secret Agent, comme pour continuer de poser les pierres fondatrices d’un héritage
musical débuté au milieu des années 60 aux côtés Black President Fela Anikulapo Kuti.
Plus d’infos : www.myspace.com/tonyallenafrobeat
3 – FATOUMATA DIAWARA
Fatoumata Diawara, comédienne chanteuse malienne, après avoir tournée cinq ans avec la troupe Royal
Deluxe et interpreté le premier rôle féminin de l’Opéra du Sahel à Bamako, elle rencontre Cheick Tidiane Seck, directeur musical du projet Red Earth, que Dee Dee Bridgewater développe à Bamako. Fatoumata rejoint la crème des musiciens
maliens pour enregistrer l’album de la diva jazz américaine. Trois mois plus tard, elle assurera avec Dee Dee les duos lors de son concert au Bataclan et plusieurs dates de sa tournée estivale.
Dans cette même période, elle rencontre Oumou Sangaré qui la sollicite aussitôt pour l’enregistrement de son dernier album Seya. Fatoumata Diawara décide alors de se lancer totalement dans
l’aventure de la musique et commence à travailler à son propre répertoire. En mai 2007, elle est appelée à interpréter le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, tirée du
célèbre dessin animé et mise en scène par Wayne Mc Gregor, grand chorégraphe anglais. En parallèle, elle travaille sur le disque de la comédie musicale à coté de nombreux artistes africains,
notamment Youssou N'Dour, Rokia Traoré et Angelique Kidjo. En 2008, Cheick Tidiane Seck lui propose alors d’enregistrer sur son propre album Sabaly et Fatoumata continue à travailler avec lui
comme première chanteuse de sa tournée.
Et ce n’est pas tout, entre toutes ces dates aux couleurs de l’Afrique, Fatoumata Diawara a eu l’opportunité exceptionnelle de chanter aux côtés de grands noms
du jazz américain, comme Herbie Hancock ou Hank Jones.
Depuis presque deux ans maintenant, Fatoumata se consacre au développement de son propre répertoire. Auteur compositeur, elle présente ses propres chansons. Sa
musique naît dès atmosphères traditionnelles africaines et crée des parfums folks, à la fois doux et dansants. Son inspiration tire de la tradition du chant wassoulou mais ses rythmes sont
modernes grâce aux ambiances jazz et blues qu’elle demande avec complicités à ses virtuoses musiciens. Fatoumata tourne depuis trois ans avec son projet solo qui s'adresse aux enfants et aux
femmes du monde ainsi qu’aux problèmes sociaux en Afrique et parallelement elle a posé sa voix sur de nombreux albums (Blick Bassy, Dobet Gnaoré, Fafa Roufino etc.)
Plus d'infos : www.myspace.com/fatoumatadiawara
4 – SO KALMERY
So Kalmery nait dans la région de Bukavu, à proximité du lac Kivu dans l’Est de la république
démocratique du Congo. Son père, musicien, joue de l’accordéon, de la trompette et de la guitare dans les fanfares et de l’orgue à l’église. So chante dès son plus jeune âge, avec les autres
enfants, dans les chorales et suit ses grands frères qui jouent le brakka dans les orchestres le dimanche. Il compose ses premières chansons à 9 ans. Vers 17 ans, So forme un nouveau groupe, «
King melody Band » (plus tard « Ujamaa »), avec des anciens de « Vedette mambo » et des nouveaux venus. Ils tournent au Kenya, au Burundi, et gagnent de nombreux concours, grâce aux
compositions de So.
So a joué en tant que guitariste dans le groupe « Viva la musica » qui rassemble Papa Wemba (So laisse d’ailleurs
son empreinte sur le tube « Dja Mosket ») et Koffy Olomide… Il arrive à Paris en 82 à la suite d’une tournée en Belgique et crée le groupe « Ujamaa » (famille, en Swahili) dans lequel il joue
le brakka. Il enregistre deux albums autoproduits, « Ujamaa » et « So & Ujamaa », tout en participant à de nombreuses tournées européennes (Festival d’été de Vienne, Carnaval de Notting
Hill à Londres…)
So, infatigable voyageur, partage son temps entre les tournées, Londres et Paris. Pourtant, en 1993, So se remet en question et s’interroge sur le véritable
rôle du musicien dans la communauté. So réalise que l’Afrique ne dispose d’aucune structure aidant la population à assumer les changements de société. La musique africaine est le plus souvent
une invitation à la danse et à la fête. So veut lui donner un rôle éducatif. C’est à cette époque qu’il s’intéresse à l’histoire, et notamment à l’Egypte ancienne. Après cette période de
réflexion, So part en Australie en 1994. Acceuilli par les Aborigènes, il découvre le Didgeridoo qu’il intègre à sa musique. Il enregistre l’album « Rasmi » en 95, est invité par «Chicago Blues
» au Havre, par Eric Bibb au Queen Elisabeth Hall à Londres. Il tourne en Europe et en Australie et fait les premières parties de Ben Harper lors de sa tournée en France. « Rasmi » sort en 96
et So fait sa promotion les années qui suivent sa sortie.
Auteur, compositeur et interprète, So Kalmery est le représentant d’un style musical, le Brakka. Tout à la fois une philosophie, un combat et une musique
indissociable de la danse, le Brakka est, comme son nom l’indique (« Bra », le commencement, « Ka », l’infini, l’esprit), une musique qui puise sa source dans la tradition africaine tout en y
intégrant les influences urbaines inhérentes à chaque époque. Voilà pourquoi, selon So, cette musique touche tout le monde, des africains aux occidentaux, des ruraux aux urbains, des fans de
musique africaine aux amateurs de hip-hop… « Le Brakka est la musique des origines et l’origine de la musique. Il est universel. Il nous enseigne un secret oublié. Il nous parle de ce que nous
sommes. Le Brakka est l’écho de notre passé, c’est le chant de notre mère la terre Afrique, berceau de l’humanité. C’est le tempo de la vie, le rythme du cosmos. Le Brakka va au delà des
frontières, au delà des différences. Il transcende le corps et l’esprit dans une union sacrée appelée harmonie. Le Brakka est à la fois une musique et une danse. Il est une source de
regénération. Bra, le commencement. Ka, l’infini.
Plus d'infos : www.myspace.com/sokalmery
Espace Fraternité – Chapiteau Magic Mirrors
10-12 rue de la Gare
93300 Aubervilliers
Accès en bus :
PC3 : Arrêt « porte d'Aubervilliers »
L'arrêt est sur le boulevard Ney (boulevards extérieurs)
65 : (Gare de Lyon / Mairie
d'Aubervilliers)
Arrêt « Skanderbeg » ou « Parc du Millénaire »
Ce bus passe par : Bastille, place de la République, Gare de l'Est, gare du Nord, Porte de la Chapelle.
54 : (Porte d'Aubervilliers / Gabriel
Péri - Asnières – Gennevilliers)
Arrêt « Porte d'Aubervilliers » (terminus)
Ce bus passe par : Mairie de Clichy, Place Clichy, Barbès Rochechouart, Gare du Nord, Stalingrad, Crimée.
139 : Arrêt «Quai Lucien Lefranc» ou «Rue de la Haie-Coq»
552 : (porte de la Chapelle - La
Plaine - Stade de France)
Arrêt « Skanderbeg »
L'arrêt « la plaine - Stade de France » est juste à côté de la gare RER B de Saint Denis « Stade de France »
Noctilien 43 : Gare de l'Est / Gare de
Sarcelles - Saint Brice
Arrêt "Skanderberg"
Accès en métro :
Ligne 12 : arrêt « Porte de la
Chapelle » puis bus PC 3 ou 65.
Ligne 7 :
- arrêt « Crimée » ou «Riquet » puis bus 54
- arrêt « Porte de la Villette » puis PC3 ou 139
- arrêt « Gare de l'Est » puis bus 65
Accès en RER :
Ligne B :
- arrêt « La Plaine Stade de France » puis bus 139
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